Haute Ecole Libre Mosane

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Gramme : un grand nom pour une grande école

Portrait : Guy KRETTELS

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En ce lumineux automne, c’est vers la catégorie sociale que l’on se tourne pour découvrir un de ses enseignants. 

Guy Krettels est Belgo-Luxembourgeois - une double nationalité qu’il souligne - et entame avec nous sa dernière année en tant qu’enseignant. En effet, il est à l’aube de la pension.

Il a quitté ses terres puisqu’au Luxembourg, sauf pour devenir instituteur, il n’y avait pas de possibilité d’études supérieures. Il a alors suivi ses camarades d’école sur une voie qui l’a mené à Liège, au CFS, Centre de Formation Sociale, le père de l’ESAS. L’ESAS est donc une institution qu’il connait depuis longtemps.

Diplômé en 1976, il travaille comme assistant social pendant plus de 20 ans, d’abord de petits boulots en petits boulots, au CPAS ou en Maison de quartier, avant de reprendre, en parallèle, des études en communication, qui le mènent en Abitibi, sur les traces des Amérindiens, dans le cadre de son mémoire de fin d'études.  

C’est à cette époque qu’il découvre le Centre Interculturel de Montréal (CIM) où il fréquente l’avant-garde en matière de recherche interculturelle. Les rencontres le nourrissent, si bien qu’il revient en Belgique à la fin des années 80 avec l’envie de travailler sur ce terrain-là. Il fonde alors l’asbl Résonances, centre de documentation, de formation et de diffusion interculturelle. Il est d’abord bénévole puis salarié de cette structure. Dans ce cadre, avec ses collègues, ils rédigent la charte « Liège contre le racisme », signée successivement par les conseils communaux en début de législature.

Leur envie est de rendre visible cette charte dans chaque bâtiment public de la Ville de Liège pour rappeler à chacun les principes de tolérance qu’elle défend. « On n’y est malheureusement pas encore… » déplore-t-il.

En 1995, Guy entame un mi-temps au CNCD (Centre National de Coopération au Développement) couplé à un mi-temps pour la campagne 11.11.11 à la Province de Liège.

C’est à ce moment-là qu’il postule au CFS, toujours installé rue Louvrex.
Le directeur de l’époque, M. Lopez, l’engage et, même si Guy ne peut commencer dans les temps à cause d’une maladie contractée en voyage, il prend ses fonctions l’année académique suivante, dès novembre.

Lors d’un repas de fin d’année, M. Lopez demande à Guy ce qu’est, au juste, l’interculturalité… « C’est là qu’est né le cours dédié : travail social et interculturalité, j’ai eu carte blanche. »

Dès 2000, Guy Krettels diminue sa charge de cours pour s’investir en politique, grâce au régime d’interruption volontaire à titre définitif, comme conseiller CPAS et depuis 2006 comme conseiller communal à Liège. Enseignant à 6/10e, il nourrit sa carrière de ses expériences de terrain et inversement.

Il est fier de voir ses étudiants et HELMo ESAS se mobiliser sur des sujets qu’il défend dans le champ politique comme notamment les luttes en faveur des Communes Hospitalières, des Sans Papier et des personnes sans abris, ou contre l'homophobie, la chasse aux mendiants, ...

L’actualité nourrit ses cours, notamment celui qu’il donne en binôme avec Didier Somzé. Cours bien nécessaire à l’heure où on voit les réseaux sociaux s’en emparer et la transformer. Les lieux de parole, d’analyse, de dialectique sont d’autant plus nécessaires.

HELMo en quelques mots : "Pour moi, qui ai grandi dans le "small is beautiful", HELMo, comme l'enseignement dans son ensemble, me paraît trop prise dans une logique de croissance à tout prix », dit-il. Il trouve qu’on y perd un peu de convivialité, heureusement mise au centre des préoccupations par les directions successives de HELMo ESAS. Au niveau de la Haute Ecole dans son ensemble et des 9.000 personnes qu’elle rassemble, cela devient difficile.

Guy fait également le lien avec le décret paysage et sa « tuyauterie compliquée », la réunionite aigue qu'elle entraîne, où l’opérationnalité devient compliquée.

Ce qu’il emmène toujours avec lui ? Son agenda « papier ». Il rassemble ses vies privée, d’enseignant et politique, sa « to do list ». Il l’ouvre en début de chaque journée.

Ce qu’on peut lui souhaiter pour la suite et certainement au moment où une page de sa vie se tourne ? De continuer les trails-nature et d'entretenir sa passion pour le footing, d'encore voyager, calmement ou intensément, en trekking, avec son sac à dos mais aussi à travers les nombreux romans qu’il dévore ou par le cinéma. « En politique, ce n’est pas moi qui décide », dit-il en souriant.

Sans trop avoir de plans pour l’année prochaine, il souhaite laisser la possibilité aux « nouvelles choses » de se présenter. Et on lui souhaite naturellement que la santé le suive pour tout cela.


Contact: Alice Driesen
Publié le : 27/10/2017