Haute Ecole Libre Mosane

Interdisciplinarité en plein air à HELMo St-Roch

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L’atelier de formation professionnelle «Paysage » présente un bon exemple d'approche interdisciplinaire à mener dans et en dehors de la classe. Il s’appuie en effet  sur trois disciplines « éveil géographique », « français » et « éducation plastique » qui s'insèrent et se complètent parfaitement. L’équipe enseignante, formée d’Alice Muselle (pédagogie), de Grégory Coart (instituteur MFP), de Céline Dispas (français), de Marie-Pierre Defraiteur (géographie) et de Julien Ortega (éducation plastique), a proposé diverses mises en situation, d’abord  face à un paysage de Theux puis en classe. Deux semaines plus tard, les étudiants ont transféré les démarches acquises dans des classes d'écoles primaires de la région.

Présentation de la démarche :

  1. Doter les étudiants d'un vocabulaire spécifique qui leur permettra d’exprimer de façon univoque ce qu’ils voient. D'abord, pour décrire les éléments perçus ; une première clé d’analyse est transmise à savoir les composantes du paysage : le relief, l’hydrographie, le bâti, l’affectation du sol et les infrastructures publiques. Ensuite, pour exprimer leurs relations dans l’espace ; une liste d'organisateurs spatiaux est constituée.
  2. Aborder un paysage in situ selon une démarche qui pourra être mutatis mutandis utilisée avec les élèves de l’école primaire. La progression va du global au particulier, de la syncrèse à l’analyse :
  • Parvenu à un point haut d’où s’ouvre une large perspective sur Theux et la vallée de la Hoëgne, exprimer son ressenti : « qu’en pensez-vous ? ». La consigne fait appel aux sensations et à l’affectif. Si nécessaire, le prof oriente l’attention : les formes, les couleurs, les distances… écoutez… humez… Le paysage, c’est d’abord des détails qui résonnent avec nos valeurs. Il nous parle de nous.
  • Désigner des objets familiers, reconnaissables dans le paysage : la maison d'un copain, l'église, la route du Mont Theux. Le prof demande de situer l’objet pour que chacun puisse le reconnaître. Recours au vocabulaire, aux organisateurs spatiaux de façon fonctionnelle. Certains reconnaissent dans le paysage des espaces parcourus.
  • Extension d’éléments reconnus à d’autres qui ne sont pas visibles mais peuvent être connus : la Hoëgne, d’où vient-elle ? où va-t-elle ? dans quel sens coule-t-elle ? et la ligne de chemin de fer… la grand route… Dans quelles directions se trouvent Pepinster, Verviers, Spa… Comment le savez-vous ? Petit à petit, nous arrivons à situer la portion d’espace observée par des repères connus, observables ou non.
  • Mais le paysage ne dit pas tout. La carte servira à le faire parler. Après l'avoir orientée et s'être positionné, on repère le nom des villages au loin, tel bâtiment remarquable,... La lecture de carte s'associe à la lecture du paysage.
  1. Fixer et s’exercer. Des jeux d’observation et d'expression en petits groupes sont mis en œuvre.
  2. Le point de vue se prête bien à une analyse du relief et à la perception de lignes de force du paysage. Grâce aux techniques acquises aux cours d'éducation plastique, chaque étudiant peut s'exercer au croquis paysager. Celui-ci constituera un support pour la phase de rédaction d'un commentaire descriptif.
  3. En clôture sur le terrain, un exposé présente comment, au fil des temps géologiques, le relief de la vallée de la Hoëgne a pu se former. « Regardez bien et imaginez… » le jeu de l’érosion n’est pas toujours évident.
  4. De retour en classe, au tour des compétences d'écriture d'être sollicitées. Chaque étudiant rédige son propre texte descriptif du paysage observé. Les questions du géographe : Qu’y a-t-il dans cette portion de l’espace ? Comment ces éléments sont-ils situés les uns par rapport aux autres ? ... servent de trame de base.
  5. Pour permettre le transfert de la démarche d'écriture avec les plus petits, une saynète, jouée par les profs, permet aux étudiants de percevoir les atouts méthodologiques d'une dictée à l'adulte.
Forts de cette démarche vécue et des réflexions quant aux enjeux méthodologiques, les étudiants, par groupe, organisent leur propre séquence. A eux d'emmener des élèves pour lire et décrire un paysage proche de leur école... pour le plus grand bonheur des enfants : « chouette, on fait l'école dehors ! »


Contact: Marie-Pierre Defraiteur
Publié le : 03-04-15