Haute Ecole Libre Mosane

Parcours d'Alumni : Marie-Louise Habran

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Pour la rentrée de septembre, HELMo Alumni s’arrête sur le parcours de Marie-Louise Habran, diplômée de HELMo CFEL en 1994. En pleine crise du Covid, elle décide de lancer un projet dont elle rêve depuis plusieurs mois : ouvrir un restaurant végétarien pour favoriser l’intégration des personnes autistes et trisomiques : En ville et les copains. HELMo Alumni a voulu en savoir plus et l'a rencontrée.
 

Ses études à HELMo.

C’est par hasard que Marie-Louise, alias Marilou, débute ses études d’éducatrice spécialisée à HELMO CFEL… A 18 ans, elle ne se sent pas prête pour choisir une orientation. Elle aimerait voyager mais son père souhaite qu’elle se forme. Elle choisit au hasard de l’annuaire et se rend à HELMo CFEL pour s’inscrire dans la formation de Logopède. Elle l’ignore mais la section a fermé depuis 4 ans… Qu’à cela ne tienne, elle se retrouve embarquée pour une formation d’éducatrice spécialisée. Marilou a un oncle qui rencontre des difficultés, elle est sensible aux publics fragilisés… Elle se lance sans trop réfléchir, à l’instinct. Elle ne le regrette pas car elle adore vraiment sa formation : les cours, les profs et surtout ses stages ! « Il n’y a pas de hasard », insiste Marilou.

marie-Paule-et-2-travailleurs.jpgEn dernière année elle réalise son stage au Bercail, un centre d’hébergement pour personnes porteuses de handicap. C’est une révélation pour elle. Son lieu de stage détermine le choix d’un travail avec des personnes porteuses d’un handicap.

Son parcours professionnel

Marilou est ensuite engagée au Bercail. Elle y travaille à présent depuis 22 ans. Parallèlement, en 1998, Marilou, assoiffée d’apprendre, entame une Licence en anthropologie. Sa formation lui apporte une nouvelle ouverture d’esprit et une vision plus « méta » de son métier.

Jusqu’à 2006, Marie-Louise travaille à mi-temps au Bercail, en horaire décalé, s’occupe de son bébé et fait des travaux dans sa maison. Puis, en 2006, elle est engagée pour un autre mi-temps à l’association « Annoncer la couleur ». Cette structure financée par le fédéral est hébergée aux Chiroux et propose des animations de sensibilisation des jeunes sur des questions en lien avec la démocratie et la migration (un autre sujet où Marilou se sent impliquée). Elle y reste jusqu’en 2009. "Même si les thèmes abordés et le public me plaisaient beaucoup, c'était compliqué de concilier deux mi-temps", explique Marilou qui préfère se consacrer uniquement au Bercail.

Toujours plus curieuse d’ajouter une corde à son arc, Marie-Louise entame en 2012 une formation sur la Méthode « Davis ». Cette méthode permet d’aider les enfants qui ont des troubles de l’apprentissages DYS. La méthode fonctionne bien mais n’est pas reconnue scientifiquement. Marilou est convaincue qu’elle pourra aider les enfants dans leurs apprentissages et elle ouvre un cabinet de consultation. Mais en 2016, elle traverse une période difficile où elle se sent fragile. « La non-reconnaissance de la méthode Davis me donnait l’impression d’être une imposture et je vivais mal ce côté « illégitime », explique-t-elle.

Pour se reconstruire, Marilou entame en 2018 une formation à l’UCLouvain avec Sandrine Deplus et reçoit un certificat d’animation de groupe d’enfant/d’ado sur la pleine conscience. Elle utilise les outils de la pleine conscience avec les bénéficiaires du Bercail, pour leur permettre de mieux gérer le stress lié à la vie en collectivité. Petit à petit, ils deviennent autonomes avec l’outil et ils l’adaptent à leur besoin.

IMG_9462.JPGLes projets ne manquent pas… Marie-Louise poursuit son chemin. Alors qu’elle travaille durant 3 ans dans le Restaurant « En ville » géré par Lena, une idée germe. « Plus j’y travaillais et plus je m’imaginais développer un restaurant avec les personnes autistes avec lesquelles je travaille tous les jours, sur le même modèle que le restaurant « 65 degrés » situé à Bruxelles", raconte Marilou. Elle entre en réflexion.

Le covid , une opportunité pour se lancer.
Alors qu’elle se retrouve à travailler une semaine sur deux, Marie-Louise a du temps… Intuitive et fonceuse, c’est donc en pleine crise du Covid qu’elle décide de se lancer : « J’avais du temps, c’était la bonne occasion ». Elle s’entoure de plusieurs personnes motivées par le projet qui l’aident à mettre tout en place.

« Je voulais créer un lieu qui décloisonne, où les gens se rencontrent pour arrêter de se faire peur et de s’éloigner », explique Marilou«A présent, c’est leur projet, je ne suis que le point de départ », ajoute-t-elle« Progressivement, ils vont apprendre à gérer mais l’idée est que finalement, ils puissent tout faire seuls. Ils sont très enthousiastes que ce soit « leur resto », continue-t-elle.

equipe-restaurant-(1).jpgTous les 3 mois, elle souhaite organiser le conseil des usagers avec des outils de communication non-violente. Trois mots-clés guideront leur relation au travail : humour, respect et bienveillance.

Quand on lui demande si elle n’a pas peur de se lancer dans un resto avec les jours difficiles que l’HORECA traverse, elle répond que « c’est la méchanceté et l’individualisme qui lui font peur, pas d’ouvrir un restaurant ».

Marilou se défend d’avoir l’esprit d’entreprendre. C’est le projet qui la guide avec passion.

Une phrase qui la motive ? « Je suis les liens que je tisse avec les autres » disait Albert Jacquard. « L’objectif est de soutenir l’intégration des personnes porteuses de handicap et de bannir les frontières de la différence », renchérit-elle.

logo-en-ville.jpgDepuis ce 13 septembre, le restaurant « En ville et les copains » a donc vu le jour. Situé rue du Palais, juste à côté du musée de la Ville Wallonne il propose des plats végétariens et locaux les dimanches, lundis et mardis, en journée.

On souhaite plein succès à Marilou et à toute son équipe : Olivier, Emrys, Mery, Adèle, Judith, Ulysse et tous les bénévoles qui soutiennent le projet !

Merci à Marie-Paule Blum pour les photos !


Contact: Cécile Esser
Publié le : 23-09-20