Haute Ecole Libre Mosane

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Enseigner l'histoire, la géographie, les sciences sociales, ...dans le secondaire inférieur

Des technologies pour vaincre l’anxiété

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Focus sur le projet de recherche Interreg « IT4Anxiety » et l’expérience qu’en fait Gaëtan Absil, enseignant chercheur à HELMo.
 

Dans le cadre du programme Interreg Europe du Nord-Ouest, le projet de recherche « IT4Anxiety » étudie la gestion de l'anxiété via des technologies innovantes pour une meilleure santé mentale.

IT4Anxiety a pour objectif le développement de solutions technologiques pour réduire l’anxiété des patients souffrant de troubles. Il répond à trois enjeux majeurs : améliorer la qualité des soins de santé mentale, développer des solutions thérapeutiques et améliorer les conditions de vie des patients. L'objectif est de renforcer la thérapie mixte et d'intégrer des outils innovants validés dans les pratiques en réalisant une étude sur les besoins des différents acteurs, en soutenant la co-création et le développement de solutions innovantes à mettre en œuvre sur le terrain et en développant les compétences des utilisateurs et des professionnels.

Parmi la multitude d’acteurs prenant part à ce projet, on trouve un chercheur HELMo, Gaëtan Absil, diplômé en Histoire et Anthropologie de la communication de l’ULiège, auteur et maître-assistant dans la Catégorie Sociale. Il nous en parle.


Comment avez-vous pris connaissance du projet ?

Le projet m’a été présenté par la prof. Laurence Fond-Harmant avec qui j’avais collaboré dans le cadre d’un projet Interreg PPSM sur la promotion de la santé mentale, qui, par ailleurs, a donné lieu à des publications.
ABSIL, Gaëtan, VANDOORNE, Chantal, et FOND-HARMANT, Laurence. L'écriture de nous, autobiographie collective contre les fictions sociales de stigmate. Récits et fictions dans la société contemporaine, 2011, p. 268.
FOND-HARMANT, Laurence. Prévention et promotion de la santé mentale: une alliance transfrontalière innovante. Editions L'Harmattan, 2014.
Dans le projet PPSM, j’avais en charge l’évaluation transversale selon une méthodologie inspirée de l’évaluation négociée et participative. Ce type d’évaluation a comme spécificité que l’ensemble du processus d’évaluation se négocie et se décide avec les partenaires et les publics concernés. La question d’évaluation était celle de la construction d’une alliance pour la promotion de la santé mentale dans la Grande Région. Il était question d’empowerment et de déstigmatisation des usagers des services de santé mentale.
 
Suite à cette expérience, j’ai été contacté pour réaliser l’évaluation transversale du projet IT4anxiety.  Le projet Interreg IT4Anxiety se concentre sur la création et l'implémentation de solutions innovantes visant à réduire l'anxiété des patients souffrant de la maladie d'Alzheimer ou de troubles post-traumatiques.


Quelles sont vos sources de motivation dans ce projet ?

Plusieurs choses ….
Le projet IT4anxienty a une réelle originalité puisqu’il met en relation des acteurs du monde des start-up, des institutions de recherches et des institutions de soins. La collaboration de ces acteurs tout au long du projet (4 ans) et compte tenu des enjeux de chaque secteur est un défi passionnant auquel participe le processus d’évaluation transversal.

Ce projet prolonge une série de travaux et recherches menées précédemment à l’Université de Liège, dans le service du prof Mairiaux. Une partie de ces travaux concernaient les manières de pratiquer une évaluation participative et négociée, avec une attention particulière à la co-construction des critères d’évaluation. La possibilité d’évaluer transversalement ce projet à partir d’une méthodologie ethnographique, est aussi une motivation. En effet, si la pratique de l’évaluation qualitative est bien développée dans le monde anglo-saxon, il n’en va pas de même en Belgique. Il s’agit pour moi de continuer ce travail pour la promotion de l’évaluation qualitative, à ne pas confondre avec l’évaluation de la qualité. Une autre partie des travaux et recherches concernaient la promotion de la santé, dont les questions de santé mentale. La santé mentale, et plus largement, l’anthropologie de la santé et de la maladie, m’intéresse depuis longtemps.

Sur le plan sociétal, les NTIC sont en plein développement avec le web.3.0, les applications, les objets connectés et l’intelligence artificielle (algorithmes, machine learning, deep learning). Les implications de ces technologies sont importantes dans le champ de la santé, et en particulier dans celui de la santé mentale. Il faut pouvoir imaginer comment des objets connectés pourraient interagir avec des patients pour accompagner leurs troubles anxieux. Il faut pouvoir imaginer comment les nouvelles technologies pourraient compléter les pratiques des soignants. Les opportunités thérapeutiques sont potentiellement importantes, elles pourraient permettre à certain.es patient.e.s de se réapproprier une vie ordinaire que souvent ils souhaitent, comme le fait de pouvoir travailler, d’avoir une vie de famille, de pouvoir sortir de chez soi, …

Cependant, le développement de ce que certains appellent « la psychiatrie 3.0 » pose une série de questions, qui ne sont pas oubliées par les partenaires. Il s’agit par exemple de questions éthiques, de questions de littératie, de questions « culturelles » ou encore anthropologiques. Ce foisonnement de questions est réellement passionnant.

Comme enseignant dans le Département Social, je trouve des connexions entre les réflexions sur ce projet et celles développées par le projet TICIS qui analyse les opportunités et les conséquences des nouvelles technologies sur le travail social. En participant au Master en Ingénierie Sociale, je me rends compte que maintenir une pratique de recherche peut être bénéfique pour l’accompagnement et les apprentissages des étudiants.

Que diriez-vous à un collègue qui n’ose pas se lancer dans un projet de recherche ?

Personnellement, j’ai toujours des craintes au début d’un projet, cela me paraît inévitable. Ces craintes peuvent être liées au volume, à la durée du projet, à des incertitudes … C’est pourquoi, mais ce n’est pas facile à maintenir en toutes circonstances, je dirais qu’une recherche doit être quelque chose de « gai » et qui passionne.

De bien prendre le temps de parler de son projet dans son département, avec le CRIG, bref en interne. Avant de se lancer, il faut pouvoir situer le projet dans sa carrière d’enseignant. L’inscription du projet dans l’institution favorise aussi les négociations avec les commanditaires, il n’est jamais bon de rester isolé. La recherche est un phénomène social encastré dans les relations entre acteurs. Ceux-ci peuvent être des collègues, des experts, un comité d’accompagnement et pourquoi pas des étudiants.
 


Contact: Sacha Munaut
Publié le : 22-06-20