Haute Ecole Libre Mosane

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Analyser, concevoir, programmer

Thibault DEMAT présente PedalSync

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Chaque mois, nous vous présentons un étudiant qui, grâce au soutien de la cellule HELMo Entreprendre, s’est lancé, en marge de son cursus scolaire, dans un projet d’entreprise. L’occasion de découvrir différents profils d’étudiants, en quête d’un apprentissage à la fois théorique et centré sur le concret.

Co-fondateur de PedalSync, un projet entrepreneurial centré sur la création d’un pédalier d'effets pour guitaristes, cet étudiant en 3ème à HELMo Gramme a trouvé dans cette aventure scientifique et humaine une occasion de grandir et d’envisager la poursuite de son cursus avec davantage de sérénité. Rencontre avec un jeune-homme discret, impatient et passionné.
 

Le point de départ de PedalSync, c’est une passion pour la guitare, c’est bien ça ?
« Antoine Castiaux, mon associé dans ce projet, est diplômé en automation à la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg. En 2020, à l’occasion d’un solo de guitare, il a réussi à obtenir un son qui lui plaisait totalement. A l’époque, il n’existait aucune solution permettant à un musicien de mémoriser un tel réglage. Nous avons donc planché sur la motorisation de pédales de guitare. Hormis, peut-être, un dispositif peu ergonomique utilisé par le compositeur et guitariste David Gilmour, rien de semblable n’existait sur le marché. »
 
Tu as démarré un long travail de recherche et de développement : un sacré challenge qui s’ajoute aux cours et à tout le reste !
« En termes de matériel et de performances sonores, les guitaristes - encore très attachés à leurs pédales analogiques - sont très exigeants. Il n’était pas envisageable de lancer un produit qui ne soit pas totalement abouti. Nous avons travaillé à 4 mains (Antoine pour le volet électronique et moi pour le design, la conception mécanique et les impressions 3D) en combinant recherches sur le plan électronique et design mécanique. Nous avons développé un premier prototype d’adaptateur. Sur le plan du design, c’était plutôt un ratage, mais quand Antoine le présentait à d’autres guitaristes, l’accueil était très enthousiaste. Dans la foulée, nous avons décidé de nous lancer dans l’élaboration d’une pédale unique dotée d’un système de motorisation interne. Ce nouveau produit comportait notre logo. Un premier pas vers la création d’un véritable concept commercial. »
 
Votre projet est ambitieux. Toi et ton associé pouviez difficilement faire cavaliers seuls.
« Nous nous sommes en effet rapprochés de deux partenaires dont la société est implantée dans l’espace de Coworking du Hub Créatif du Trakk à Namur : l’un est en charge du design et l’autre nous apporte son aide au niveau électronique. Une fois que ce volet sera finalisé, il nous faudra encore passer par des phases de test, puis peaufiner l’adaptateur avant de commercialiser le dispositif. D’un point de vue Recherche et Développement, même si nous avons pu bénéficier de chèques-entreprises et de l’aide d’experts au sein de LinKube, l’incubateur étudiants de la Province de Namur, ce projet nous a déjà coûté beaucoup d’argent. Nous avons même pensé faire entrer un actionnaire extérieur dans le projet, mais nous avons finalement renoncé. A ce stade, nous préférons avancer à notre rythme. »
 
Vous ne visez donc pas une rentabilité à court-terme.
« La question de la commercialisation de notre produit nous faisait peur, je l’avoue. Pour être rentables, nous aurions dû vendre des milliers de pédales. Ce qui n’était évidemment pas envisageable. Après réflexion, nous avons choisir d’offrir un service de customisation premium aux guitaristes en leur proposant des pédales totalement personnalisées. Nous ne leur vendrons pas un produit, mais des solutions adaptées à leurs besoins. Nous comptons d’ailleurs installer PedalSync dans un hall industriel : un showroom doté d’une très bonne acoustique ouvert aux guitaristes. »
 
On te sent à la fois enthousiaste et très mesuré dans tes décisions. C’est le cas ?
« Je suis du genre impatient. J’ai constamment besoin de me lancer dans de nouveaux projets. Je me sentais souvent en décalage par rapport aux réalités du système académique. J’avais du mal à garder le rythme. Ici, au contraire, j’ai la sensation d’être constamment dans l’action. Quand j’ai postulé pour ce statut d’étudiant-entrepreneur que j’ai obtenu en septembre 2021, je ne pensais pas en avoir spécialement besoin. Après une deuxième année un peu catastrophique, j’avais de toutes façons un horaire un peu disparate. Avec le recul, j’ai l’impression, au contraire, d’avoir gagné en maturité. J’ai une vision moins naïve de l’entreprenariat. Mon travail est reconnu et apprécié.
 
Quel bilan tires-tu de cette aventure entrepreneuriale ?
« Même si PedalSync a une durée de vie limitée, nous aurons vécu une expérience incroyable. Ce statut d’étudiant-entrepreneur m’a permis de nouer de nombreux contacts. Je pense notamment au stage que j’ai pu effectuer chez 1POINT61, une société de design industriel avec laquelle nous collaborons pour PedalSync. Et grâce à mon associé, désormais dans la vie active, j’ai eu l’opportunité de développer la cage de sécurité d’un dispositif comportant un robot et un tapis roulant pour la société Goumanisto à Andenne. Une autre occasion d’assoir ma légitimité et de me donner confiance en mes capacités. »
 
pedalsync.tech

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Contact: Marie Honnay
Publié le : 30-06-22