Livio Divan : diplômé du cursus Educateur spécialisé en animation socioculturelle et sportive
Livio Divan n’avait pas forcément prévu de devenir éducateur. Son parcours s’est construit par étapes. Diplômé en 2020, Livio est actuellement éducateur en maison de jeunes. Il a trouvé dans le secteur associatif un cadre qui correspond à ses valeurs et, en fil conducteur, une même envie : créer des espaces où chacun peut trouver sa place et rencontrer l’autre. Des convictions qui se sont dessinées progressivement, au fil de ses études, de ses expériences et de ses rencontres.
Parcours scolaire
Originaire de Marchin, Livio y suit sa scolarité jusqu’en quatrième secondaire générale avant de s’orienter dans l’enseignement qualifiant en menuiserie, à Don Bosco Huy. Un choix notamment influencé par son papa, indépendant dans les métiers du bois.
Après sa rhéto, il s’inscrit à la HEPL dans le Bachelier Educateur spécialisé en milieu psycho-éducatif. Il ne s’y sent pas vraiment à sa place et se réoriente l’année suivante vers le bachelier Éducateur spécialisé en animation socio-culturelle et sportive à HELMo ESAS.
À ce moment-là, ce n’est pas le métier dans lequel il se projette qui motive son choix. Ce sont surtout les cours proposés qui l’attirent. Les stages lui permettront progressivement de découvrir le métier et de s’y reconnaître.
« Mes profs travaillaient aussi dans les milieux socio-culturels. Ils abordaient beaucoup la dynamique de groupe et moins l’approche individuelle de la personne, et ça me parlait davantage », explique Livio.
Il garde aussi le souvenir d’enseignants capables de faire preuve de créativité et de sortir des cadres habituels tout en respectant les codes de l’institution.
Une « pause Belgique »
Après ses trois années de bachelier, Livio reste encore un peu indécis quant à la suite. Plutôt que de se lancer directement dans la vie professionnelle, il fait ce qu’il appelle une « pause Belgique » et part huit mois en volontariat international en République tchèque.
Il y découvre notamment la permaculture et l’artisanat, tout en développant son anglais. « C’était une belle façon de me retrouver moi-même et de développer en même temps mes compétences en anglais », raconte-t-il.
« En revenant, je savais que j’avais envie de travailler dans le secteur non-marchand. Le milieu associatif m’était familier car ma maman travaillait dans le domaine », poursuit-il. « Et je suis persuadé que la paix sociale passera par la rencontre », affirme Livio.
Premières expériences professionnelles
À son retour, il travaille quelques mois à la Maison de jeunes d’Evelette (à la campagne), puis il rejoint la Maison de jeunes de Saint-Nicolas. C’est là qu’il accroche vraiment au métier. Ce qui lui plaît dans le travail en maison de jeunes, c’est notamment la possibilité de créer un lieu où les jeunes peuvent trouver ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs.
Donner une place aux jeunes
Le travail s’organise autour de trois axes : l’accueil, les activités et les projets. Les jeunes peuvent simplement venir passer du temps à la maison de jeunes, participer à des activités sportives, musicales ou ludiques, ou encore construire des projets avec les éducateurs.
« Derrière chaque projet, on essaie de mettre une dimension éducative », insiste Livio.
Il cite notamment un séjour « déconnecté » organisé avec les jeunes. Pour lui, le projet est aussi un moyen de travailler autrement certaines questions et de développer des compétences.
La dimension du public rencontré compte également beaucoup dans son travail. Une maison de jeunes en milieu urbain accueille des jeunes aux profils et aux parcours différents, parmi lesquels certains vivent dans des situations de précarité ou connaissent des parcours difficiles.
La maison de jeunes représente pour eux un lieu sécurisant où ils peuvent être eux-mêmes et affirmer leur identité. Ils y rencontrent aussi des adultes de confiance qui ne sont ni leurs parents ni leurs enseignants. « On est une figure d’autorité, mais on accueille leur parole sans jugement. C’est hyper important pour eux. »
Pour Livio, cette relation constitue une base pour travailler sur l’ouverture aux autres et sur les préjugés. Il y voit aussi une dimension militante dans son quotidien professionnel. « Je milite pour les droits fondamentaux, pour les valeurs d’ouverture d’esprit et d’ouverture aux autres. Cela donne du sens à mon travail. »
Après deux ans à mi-temps à St-Nicolas, Livio cherche à augmenter son temps de travail et il rejoint la Maison de jeunes de Flémalle.
L’éducation permanente comme fil conducteur
Cette volonté de favoriser la rencontre et l’ouverture se retrouve dans son intérêt pour l’éducation permanente. « L’éducation permanente est mon cheval de bataille. », confirmet-t-il.
Ce qui l’intéresse dans cette démarche, c’est notamment que les personnes qui y participent ne sont pas captives. Elles choisissent de venir, ce qui permet selon lui de travailler autrement l’accès à la culture, la rencontre et l’ouverture à l’autre.
Cette approche trouve aussi sa place dans le travail quotidien avec les jeunes. Pendant les campagnes électorales, par exemple, les équipes abordent la question des fake news et cherchent à donner aux jeunes des outils pour développer leur esprit critique.
Livio s’interroge aujourd’hui sur la place croissante des vidéos très courtes et sorties de leur contexte sur les réseaux sociaux. Il aimerait notamment travailler davantage avec les jeunes sur le phénomène du « clipping », qui consiste à reprendre des extraits de vidéos et à les diffuser hors de leur contexte, souvent dans une logique de recherche de vues et de revenus publicitaires.
Il fait aussi le lien avec ce qu’il observe sur les réseaux sociaux : la présence de discours masculinistes, mais aussi ce qu’il perçoit comme une progression du sexisme et de l’homophobie. Pour lui, ces évolutions renforcent l’importance de donner aux jeunes des outils pour analyser les contenus auxquels ils sont confrontés.
Aujourd’hui, Livio trouve son équilibre dans son travail en maison de jeunes. Il apprécie notamment de se sentir utile auprès de jeunes qui rencontrent davantage de difficultés. Il travaille à 4/5 temps, un rythme qui lui permet de garder du temps pour lui tout en ayant un salaire qui lui convient. En dehors du travail, Livio consacre entre autre son temps au jeu de rôle, à la fabrication de cidre artisanal, au jonglage et aux jeux vidéo.
Et plus tard ?
Il ne se projette pas nécessairement dans ce métier pour toute sa carrière. Dans quelques années, il pourrait notamment envisager de travailler dans un SRG, un service résidentiel général pour jeunes.
Son fil conducteur reste le même : trouver du sens et se sentir utile.
« S’engager dans le secteur associatif, c’est une façon de se sentir utile. Et ça apporte du win-win pour soi et pour l’association dans laquelle on s’engage. Il y en a tellement qu’on peut toujours en trouver une qui corresponde à nos valeurs. »
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