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Ce mois-ci, HELMo Alumni a rencontré Marine Augustin, diplômée du cursus Educateur.trice en activités socio-sportives. Marine organise pour la deuxième année consécutive un projet socio-culturel et sportif pour sensibiliser à la question du consentement et des violences sexuelles: le Purple Tour. Elle nous raconte sans tabou son parcours...

Un an aux Etats-Unis...

Originaire d’Hermée, Marine effectue ses secondaires au Collège Saint-Barthélemy, option sciences/math. Elle termine sa rhéto en 2012 et décide de partir 1 an avec le WEP à Chicago. « Je ne savais pas quelles études entamer et j’avais envie de tenter l’aventure », explique Marine. Elle y vit une magnifique expérience. Hébergée durant an au sein de la même famille, cela crée des liens forts. Elle découvre une autre culture et de nouvelles valeurs auxquelles elle adhère. « Je l’ai vécu aussi comme une sorte d’introspection où je me suis découverte ». Elle se rappelle encore aujourd’hui de la phrase phare utilisée par le WEP et la valide : « Partir un an, ce n’est pas une année dans une vie mais plutôt une vie dans une année ».

De retour des Etats-Unis, elle voit les choses différemment et a appris à apprécier les petites choses de la vie et à positiver. Marine a gardé des liens avec ses amis et sa famille d’accueil, qui est devenue comme une seconde famille. Tous les 2 ans, elle y retourne pour revoir ses proches et se sent « comme dans une bulle ».

Ses études

En septembre 2013, Marine entame des études de Kiné au Barbou. Ça lui plait : le groupe classe où elle évolue est chouette, la matière l’intéresse. Mais en décembre, lors d’une soirée étudiante, Marine est victime de violences sexuelles. Tout bascule, sans qu’elle ne s’en rende compte. « J’étais complètement dans le déni », confie-t-elle.

Marine continue de suivre les cours comme si de rien n’était mais bâcle ses examens. « Je n’arrivais pas à me concentrer et j’avais des douleurs physiques qui se manifestaient à droite et à gauche », explique-t-elle.

En fin d’année, Marine tire le bilan. « L’aspect humain me manquait ». Elle envisage une formation où les langues auraient une place importante mais on la décourage car elle ne connaît que deux langues et l’apprentissage de la troisième pourrait lui poser problème. Justement, cette année-là, l’annonce d’un nouveau cursus appelé alors « Animateur socio-culturel et sportif » apparait dans les médias. Marine s’y projette tout de suite. « Je suis sportive, j’animais déjà les scouts et j’avais encadré deux voyages humanitaires, j’avais aussi eu l’occasion de sensibiliser des classes de primaires au tri des déchets, etc... » explique Marine. « J’ai foncé ».

A HELMo ESAS, dans le cursus choisi, d’un point de vue pédagogique, Marine trouve l’approche de la matière très instinctive et très pratique. « Les cours théoriques sont cohérents avec la pratique ». Elle s’y retrouve. Mais en fin de troisième, lors de son stage, le traumatisme de l’agression vécue 4 ans plus tôt refait surface, à travers des manifestations physiques. Pour la première fois, Marine ose en parler à sa référente de stage qui l’aide avec bienveillance à faire face et à terminer ses études. Elle se livre enfin à sa maman.

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Premiers emplois ...

Diplômée en 2017, Marine ne se sent pas prête à travailler. Elle décide de poursuivre sa formation vers un Master en Psychologie mais elle s’aperçoit vite que ces études ne lui correspondent pas.

En 2018, elle envisage un retour aux USA pour réaliser un master dans le social mais le coût des études la fait déchanter. Elle décide de chercher du travail.

En septembre 2018, Marine décroche un job au sein de l’ASBL Au fil de l’eau à Couthuin qui est une Association intergénérationnelle, puis chez Tradanim’, à Namur. Une association qui organise des animations linguistiques. Dans la foulée, à la rentrée 2019, elle trouve un emploi à l’institut Ste Véronique, où elle exerce le travail d’éducatrice pour les élèves en immersion.

Un coup dur qui réveille les douleurs personnelles

Le décès d’un élève durant l’hiver 2022 la bouleverse et rouvre ses blessures personnelles, mal cicatrisées. Marine entreprend alors un long travail de reconstruction. « Mon corps manifeste son mécontentement à travers des crises de panique, d’angoisse, de tétanie, un sommeil perturbé, des gestes violents envers moi-même qui nécessitent un arrêt de travail pour comprendre ces comportements », confie Marine…

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Durant ce travail naît l’idée d’un défi sportif pour servir une cause. Son envie ? Réaliser 1000 km en vélo pour dénoncer ce qui est trop souvent tu, pour sensibiliser les jeunes au concept du « consentement », pour libérer la parole, la sienne et celles des autres, et pour récolter des fonds pour le planning familial Infor-Femmes à Liège, afin d’apporter le soutien au développement de soutien aux victimes.

Pour elle, le vecteur du sport est important car c’est son moteur. Marine nous confie que le choix du vélo s’est imposé à elle car elle y voit une belle symbolique. « Le vélo, c’est comme pour faire face à ce qui est difficile à vivre : il faut continuer de pédaler vers l’avant pour ne pas perdre l’équilibre », explique Marine.

Ce challenge est libérateur pour elle. Elle ose se raconter pour permettre à d’autres victimes d’oser aussi. Avec le soutien inconditionnel de sa famille, de ses amis et du planning, elle convie d’autres femmes à parcourir des boucles de 25 km en vélo. Deux partenaires s’associent à elle. Jade & Lotus qui réalise des bijoux en pierre semi-précieuse, aux couleurs du Purple Tour et HBC Tatoo qui en profite pour organiser un Flash Day. Il propose des dessins et tatoue durant toute la journée au profit du projet. Son école secondaire participe également et récolte 500 euros. Elle atteint, avec toutes les autres femmes, son objectif et récolte 4000 euros qui permettent au planning familial Infor-Femmes d‘engager une psychologue 2h/semaine, pour un an, pour accompagner les victimes de violences sexuelles.

Une deuxième édition annoncée

Après le succès de la première édition, Marine et la petite équipe qui s’est constituée décident qu’il y aura une seconde... Elle est programmée au 25 mai 2024.

Depuis septembre, les réunions pluridisciplinaires s’enchainent et une réelle collaboration avec le planning voit le jour. « On voit plus grand pour cette année », affirme Marine.

Jade& Lotus prévoit une collection complète de bijoux, HBC Tattoo rempile aussi. Mèmère rejoint l’aventure et proposera des trousses et des chouchoux fait main au profit de la cause. La commune d’Oupeye, sensible au projet, souhaite le soutenir en lui donnant une visibilité et en emboitant le pas pour sensibiliser aux lectures sur le sujet. Une réflexion est en cours pour mettre des vélos à disposition de ceux qui n’en possèdent pas afin de leur permettre de participer au challenge. Un contact a été pris avec une grande marque de magasin de sport mais rien n’est finalisé à ce stade... (à bon entendeur).

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Objectifs ?

Les objectifs sont clairs : continuer de sensibiliser au sujet des agressions sexuelles, prévenir des différentes démarches en cas d’agression et récolter des fonds afin d’augmenter les accompagnements de première ligne.

Pour cette nouvelle édition, l’équipe du Purple Tour ambitionne de dépasser cette barre des 1000 km en conviant les personnes (enfants compris et gratuit pour les – de 12ans) lors de l’événement sportif (marche et vélo), intergénérationnel et festif.

Concrètement, plusieurs parrainages sont proposés : Une marche familiale de 5 km ou des boucles de 25 km en vélo, seule ou en équipe.

Pour atteindre les objectifs, une page Facebook et une page Instagram sont créées. Des actions comme le calendrier de l’avent ont été mis sur pied pour parler de la problématique et donner la parole à celles qui ont besoin d’être légitimées pour oser en parler.

« J’espère que les prochaines générations seront mieux informées », conclut Marine. Il faut sortir du silence, oser porter plaintes et tout faire pour que les « parents sensibilisent et éduquent les hommes à la problématique du consentement », expliquent Marine. « Il faut sensibiliser la société aux chiffres », continue-t-elle. Selon un sondage d’Amnesty International de 2020réalisé par l’institut Dedicated, une femme sur cinq a déjà été victime d’un viol.

Ce qui la stimule ?

Travailler par projet, autour du voyage, de l’écriture, du dessin ou du sport...

Aujourd’hui, Marine savoure comme une petite victoire le projet Purple Tour.

« C’est motivant de voir qu’il y a un engouement autour du projet, confie-t-elle et « que ce que je mets en place sert à quelque chose... Ce projet me permet d’exister aussi tant sur le plan personnel que professionnel. ». « Ma formation d’éducatrice m’aide forcément à créer du lien social autour d’un sujet tabou ... et ça me rend fière ! »

Marine avait besoin de libérer la parole et de réaliser un défi sportif, c’est devenu un événement socio-culturel et sportif... La boucle est bouclée.

Parallèlement à ce projet mobilisateur, Marine continue de se rétablir doucement. Aujourd’hui, elle se sent mieux, même si la blessure est toujours là. Pour avancer, elle multiplie les démarches et est suivie par l’Aris, une « académie du rétablissement et du bien-être », au cœur du groupe hospitalier ISoSL qui contribue à sa reconstruction personnelle. Elle est également prise en charge au centre PEPS de Cointe en suivant une thérapie appelée EMDR qui traite le traumatisme par mouvements oculaires de droite à gauche.

On te souhaite le meilleur Marine ! Bravo pour ton investissement et bon Purple Tour !...

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PURPLE TOUR

Le « Purple Tour », qui doit son nom à la chanson « Purple », de Lyna Mahyem. Le terme « Purple » est

utilisé pour symboliser le viol. En français, « Purple » signifie « Violet » que l’on peut lire comme « Viol – et ». Par ailleurs, le mauve est la couleur qui est utilisée pour représenter la lutte contre les violences faites aux femmes.

Infos pratiques :

Les départs pédestres et cyclistes se feront librement, entre 10h et 15h. Diverses animations musicales, artistiques et créatives seront proposées ainsi que des gourmandises en tout genre pour satisfaire les estomacs de chacun·e. Le programme du 25 mai :

- 10h : début des festivités, départ pour les premier·ère·s

participant·e·s à la marche ou à la balade à vélo.

- 11h30/13h30 : BBQ inclusif (végé/végan friendly).

- 15h : Fin des départs pour les sportif·ve·s, relevé des

kilomètres parcourus.

- 17h /17h30 : verre et discours de clôture de cette deuxième édition.

- 18h : fin des festivités.

Pour plus d’infos, pour soutenir le projet ou pour s’inscrire : inforfemmesliege@planningfamilial.net

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