Informations

Quand

Où ?

HELMo ESAS

Rue d’Harscamp 60, 4020 Liège

Horaire

De 9h à 17h15

Prix

40 euros pour la journée d’étude et l’accès à l’exposition, lunch, pauses café et drink inclus

Infos pratiques

- Parking conseillé à la Médiacité

- Accès PMR

- Nombreuses lignes de bus à proximité

Envie de rejoindre cet événement ?

Participer à cet événement

Les temps des migrants

Récits et pouvoirs

Cap Migrants et les Unités de Recherche LABOCS et REaL Lab de HELMo ont le plaisir de vous inviter à une journée d’études organisée le vendredi 16 octobre 2026 à HELMo ESAS.

À travers une exposition et plusieurs créations collectives, les personnes accompagnées par Cap Migrants et les travailleuses sociales auront l’occasion de partager leurs récits et leurs expériences. Des étudiants présenteront également certaines de leurs productions réalisées en lien avec ces enjeux. Cette journée donnera enfin la parole à des intervenants issus du monde académique et du travail social afin de nourrir les échanges et ouvrir le dialogue.

Programme

  • Dès 8h30 : Accueil - Expo
  • 9h00-9h30 : Pierre Etienne (HELMo LABOCS-Doctorant au CEDEM) et Bénédicte Maccatory (Cap Migrants)
  • 9h30-10h15 : Les temporalités, de quoi parle-t-on ? Benoît Hachet, sociologue (EHESS, Paris)
  • 10h15-11h : Un temps pour leurs voix. Jean-Claude Métraux, psychiatre et psychothérapeute (Lausanne)
  • 11h : Pause
  • 11h45-12h30 : Le temps comme outil de domination. Sibylle Gioe, avocate en droit des étrangers et présidente de la Ligue des droits humains
  • 12h30-14h00 : Lunch (sur place, compris dans la journée)
  • 14h-14h45 : Construire et transmettre les savoirs à l'interface des arts et de l’anthropologie. Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue, autrice et poétesse-performeuse
  • 14h45-15h15 : Documentaire réalisé par Cap Migrants et le GSARA
  • 15h15-15h30 : Pause
  • 15h30-16h30 : Table ronde autour des thématiques abordées, en présence des protagonistes du documentaire
  • 16h30-17h : Conclusions de la journée
  • 17h15 : Verre offert à tous les participants

Nous espérons vous accueillir nombreux et nombreuses lors de ce moment de partage et de réflexion.

  • Benoît Hachet - Les temporalités : de quoi parle-t-on ?

Rédacteur de l’ouvrage de synthèse Sociologie des temporalités (Armand Colin, 2025), l’intervenant clarifiera la manière dont on travaille le temps en sciences sociales, ou en sociologie, afin de fournir aux chercheur·e·s et aux professionnels des outils conceptuels et méthodologiques qui puissent les aider à
« travailler le temps » des migrations. N’étant pas un spécialiste des questions migratoires, Benoît Hachet se positionnera, face à la problématique du colloque, de façon à ouvrir des pistes nouvelles. Dans un premier temps, il abordera le comment on enquête empiriquement sur les temporalités en sociologie, en fournissant une « boite à outils ». Il déclinera les différents registres temporels que sont la durée, le rythme, le tempo et l’orientation temporelle, comme les différentes échelles auxquelles on peut les penser. Dans un second temps, il souhaite dialoguer avec le public sur la manière dont on pourrait utiliser ces outils – qu'on utilise déjà – aussi bien pour analyser les situations de migration, les pratiques professionnelles ou associatives ordinaires, que pour envisager d’autres horizons (temporels).

Sociologue, Benoît Hachet est professeur à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales) et directeur adjoint du Laboratoire d’Anthropologie Politique. Ses travaux portent principalement sur la sociologie des temporalités, c’est-à-dire la manière dont les individus vivent et organisent le temps.
Il a consacré sa thèse de doctorat à l’expérience temporelle des parents pratiquant la résidence alternée après une séparation.

  • Jean-Claude Métraux - Un temps pour leurs voix

Les temporalités internes de la personne migrante (et de ses communautés d’appartenances) sont très souvent extrêmement distinctes, voire opposées aux temporalités de la société d’accueil. Les deuils vécus par les personnes migrantes, ainsi que les états de survie dans lesquels peuvent les avoir plongées tant leurs parcours migratoires que les politiques de la société d’accueil, tendent à induire chez elles un temps lent, voire immobile, qui se confronte au court/moyen terme exigé pour l’apprentissage du français, la scolarité, « l’intégration », les procédures. Les conséquences peuvent être dramatiques, compliquer encore davantage les « apprentissages » et « l’intégration ». Quelle attitude adopter dès lors en tant que professionnels ou bénévoles confrontés nous aussi à ces diverses temporalités ? Donner de la voix, un
« pouvoir dire » aux personnes concernées, constitue sans aucun doute l’approche la plus bénéfique. Ce qui implique l’établissement d’un lien de reconnaissance mutuelle avec les personnes migrantes.

Jean-Claude Métraux est psychiatre et psychothérapeute d’origine suisse. Il a eu l’occasion depuis trente ans de collaborer avec de nombreuses associations belges, actives dans les domaines de la formation, de la santé et du social. Il est co-fondateur de l’association « Appartenances » à Lausanne (1993) qui vise entre autres à favoriser la rencontre entre communautés migrantes et sociétés d’accueil. Chargé de cours à l’Université de Lausanne de 1997 à 2011 (cours Santé et migrations, santé et altérités). Auteur entre autres de « La migration comme métaphore », précédé par « Le voile et le linceul », La Dispute , Paris, 2017 et (avec Moraya Knecht) « Un café comme métaphore », Antipodes, Lausanne, 2024.

  • Sibylle Gioe - Le temps comme outil de domination

Son intervention portera sur l’instrumentalisation du temps dans les politiques publiques, et plus particulièrement dans la politique migratoire, qu’elle soit belge ou européenne. Le pacte migratoire européen, les nouvelles directives et règlements, ainsi que les lois ou pratiques belges en matière de migration sont autant de témoins de ce que l’on pourrait appeler une domination par le temps. Les délais allongés ou raccourcis, la lenteur des démarches, leur complexité, impactent directement et de manière considérable les personnes étrangères ainsi que celles qui les accompagnent.

Sibylle Gioe est avocate au barreau de Liège, spécialisée dans le droit des étrangers et les droits de l’homme. Elle est présidente de la Ligue des droits humains depuis juin 2024. Son travail porte principalement sur la défense des personnes migrantes, demandeuses d'asile et sans-papiers. Engagée dans la lutte contre les discriminations, elle défend également les droits des femmes et l'État de droit.

  • Jacinthe Mazzocchetti - Construire et transmettre les savoirs à l'interface des arts et de l’anthropologie

Lors de son intervention, Jacinthe Mazzocchetti explorera le rôle des récits, de l’ethnographie et des arts dans la construction et la transmission des savoirs. À partir de ses travaux sur les migrations, l’exil, les rapports de pouvoirs et les narrations, mais également de sa pratique de recherche-création, elle interrogera les conditions et les potentialités d’une production de connaissances collaborative, attentive aux expériences vécues.

Jacinthe Mazzocchetti est anthropologue (enseignante-chercheuse à l’UCLouvain), autrice et poétesse-performeuse. Diplômée en Communication Appliquée (IHECS) et détentrice d’un doctorat en sciences sociales (UCLouvain), elle a également suivi divers enseignements artistiques (littératures et arts de la scène). Elle travaille notamment sur les questions d’exils, de précarités et d’inégalités, avec une attention spécifique à la question des imaginaires et des narrations qui l’amène à penser, écrire et transmettre à l’interface des arts et de l’anthropologie.